Nouvelles
Home Up Sante Education Prisons Nouvelles Comment aider?

 

Mai 2002
Juin 2002
Juillet 2002
Octobre 2002
Decembre 2002

JANVIER-MARS 2003

Travail médical

Les tempêtes se sont succédées presque sans interruption pendant ces trois mois d’hiver au Liban. Les habitants du bidonville vivent dans l’humidité continuelle, le froid et la boue. Nous traitons des enfants brûlés sur des chauffages de fortune presque quotidiennement.

Pour ajouter au découragement, des bagarres entre bandes rivales ont résulté en blessures et destructions de cabanes. Certains matins, le dispensaire était un véritable havre de paix dans la tourmente où quelques mères fatiguées et quelques vieillards malades se réchauffaient autour du poêle butane en buvant du thé avec nous. Nous avons distribué régulièrement des vêtements chauds et des chaussures, dons de personnes de notre entourage.

J’ai pu ramener 40 kgs de médicaments de France en février, et en particulier des antibiotiques pour enfants qui nous ont bien dépanné. En mars, c’est Paul qui a ramené 20 kgs de médicaments de France. Merci à tous les donateurs, et à ceux qui collectent et trient pour nous ! Nous pouvons à présent fournir gratuitement presque tous les médicaments que nous prescrivons. Seuls les médicaments pour diabétiques nous font toujours cruellement défaut (hypoglycémiants oraux et Insuline).

 Dr. Hovsep est parti aux USA le 20 février, mais aussitôt Dr Marouan Zoghbi, un jeune médecin libanais l’a remplacé. Marouan n’est malheureusement libre que le samedi car il est résident en médecine de famille à l’Hôtel Dieu de France à Beyrouth. Marouan est bien compétent et aime ce travail. Je suis très reconnaissante de l’avoir à mes côtés et j’espère que cette collaboration pourra durer.

Zeina continue fidèlement son travail d’assistante malgré les difficultés de sa vie privée. Sa grand-mère à laquelle elle était très attachée (ayant perdu sa mère à 15 ans) vient de décéder d’un cancer. Son mari est guéri de sa tumeur testiculaire, mais reste sans emploi. Ses enfants sont en échec scolaire. Malgré cela, elle voit aussi du positif dans sa vie, et notamment ce travail régulier avec nous.

Curiosités médicales

Quel médecin a déjà diagnostiqué une chorée de Sydenham, maladie classique qui a pratiquement disparu ? J’en ai fait le diagnostic en janvier chez une des élèves de nos classes, dont les camarades se moquaient à cause de ses mouvements bizarres et de ses grimaces.

En plus des brûlures, des infections respiratoires et des gales surinfectées, nous voyons maintenant des pathologies plus chroniques, plus compliquées,  et ceci en raison de la bonne réputation que le dispensaire acquiert dans le quartier. Nous nous sentons pourtant souvent bien incompétents devant des situations complexes, sans recours facile à des spécialistes.

Nous sommes en bonne voie d’enregistrer légalement le dispensaire auprès du ministère de la santé. Il a fallu obtenir une autorisation exceptionnelle de la part des autorités municipales, car le local est dans une zone illégale et insalubre. Un ami libanais, s’occupe activement de ces démarches auprès des autorités.

Nouvelles de l’école

Cabanes incendiées, échanges de coups et de coups de feu, des familles de nos enfants terrorisées obligées de fuir les vengeances entre bandes rivales…C’était  janvier.  

Un temps extrêmement pluvieux, des lacs à franchir avant d’arriver à l’école, chaussures à la main pour rester les pieds au sec le reste de la journée … des murs qui ruissellent, imbibés d’eau, et se couvrent de moisissures…Des enfants qui viennent pourtant à l’heure ! C’était  février et début mars.

Un chien égorgé, pendu par la langue à une porte de maison, son sang maculant  les murs en représailles à une dénonciation à la police …des jeunes sous l’influence de médicaments mélangés à de l’alcool se livrant à des actions de vandalisme... des CD de très mauvais goût vendus à des prix dérisoires dans la rue...  la guerre en Irak et plusieurs de nos enfants tentés de rejoindre les manifestations plutôt que de se rendre à l’école… c’est ce qui a fait le début de ce mois d’avril avec le beau temps revenu…

Malgré l’atmosphère parfois lourde et  des enfants très perturbés par cette violence environnante qui les empêche de dormir, leur fait peur mais attire aussi certains de nos garçons plus âgés, l’école se veut un lieu d’expression, de réflexion où chacun est invité à prendre ses responsabilités, à faire des choix et à respecter son prochain…même si parfois nous nous sentons bien démunis et dépassés par les événements !

Ce trimestre s’est terminé par des examens et un second carnet de notes. Les parents dont 70%  sont illettrés sont tout de même  invités à venir s’informer des résultats  de leur enfant ! Afin d’élargir l’horizon très limité de ces enfants, nous essayons de sortir de leur quartier aussi souvent que possible. Ainsi depuis le début de cette année, nous avons organisé une sortie à la neige, trois samedis d’activités de détente et de réflexion dans un cadre de verdure  et un entraînement de football avec un footballeur professionnel. Nous avons également participé à un après-midi en compagnie de la Croix-Rouge qui sensibilisait les jeunes à ses diverses activités au travers de jeux et de concours. Enfin, nous avons emmené toute l’école à une pièce de théâtre sur la protection de l’environnement.

Nous avons pris l’habitude de partager avec vous des tranches de vie de certains des enfants de nos classes, en voici quelques-unes :

Khaldyé : Victime d’un abus sexuel, elle a pu en parler avec nous malgré la honte, la culpabilité et la peur. Cela nous a conduit à nous plaindre aux responsables du quartier afin qu’ils interviennent auprès de ce voisin qui attire les enfants en leur jetant de l’argent… !

Jamil et Yusra : Jamil travaille tous les dimanches à vendre des marchandises d’occasion. Il est très fier de nous dire que ce travail lui permet de payer pour sa sœur et  lui-même les 5Frs (3E ) demandés chaque mois à chaque enfant pour sa scolarité.

Ali : Sa mère se plaint de son comportement violent, physique et verbal. Nous savons que la violence est des deux côtés…Pourtant Ali qui est là quand sa mère raconte, se met en colère, jette son cartable et se dirige vers le portail de sortie… «  Ali, si tu sors, tu ne reviens plus à l’école ! » lui lance un de nos enseignants. Ali s’arrête, réfléchit et…revient en bredouillant des excuses.

Omar : Il nous montre les marques de violence de son père alcoolique… mais ce qui occupe son esprit pour le moment c’est de s’acheter un ordinateur d’occasion. Pour concrétiser ce projet, il travaille tous les jours en rentrant de l’école, ainsi que les week-end, et met de côté son argent.

Projets d’extension: Des murs recouverts d’un toit en tôle ondulée  juxtent notre bâtiment d’école et nous pourrions peut-être acheter ces trois pièces pour agrandir. En effet nous nous sentons déjà à l’étroit surtout si nous désirons prolonger notre programme d’un ou deux ans tout en ouvrant au moins une nouvelle classe et disposer d’une salle de technologie et de couture. Le problème est que nous ne pouvons rien changer à l’aspect extérieur des pièces et ne pouvons couvrir les murs d’un vrai toit par exemple…

Nos regards, comme les vôtres, sont tournés vers l’Irak et la triste guerre qui s’y déroule. Cela ajoute à la confusion et aux frustrations qui règnent déjà dans notre quartier. Mais jusqu’à présent nous ne nous sommes jamais sentis personnellement menacés.

Merci à nos trois enseignants à plein temps, arabophones, qui mettent tout leur cœur et leur enthousiasme au service de ces enfants !  Merci à vous tous qui soutenez financièrement et spirituellement nos projets médicaux et pédagogiques. Sans vous rien ne serait possible !

 

NOVEMBRE-DECEMBRE 2002

OCTOBRE 2002

JUILLET 2002

JUIN 2002

MAI 2002

Tahaddi © 2003