Le premier trimestre de l’année 2005 a été très
perturbé sur le plan politique et cela a eu beaucoup de répercussions
sur le travail scolaire : grèves, manifestations, rues bloquées,
attentats….Tout cela déstabilise non seulement le pays
mais aussi les enfants qui ont été très irrégulièrement à l’école.
Nos enfants ont d’une manière générale besoin
de stabilité et de discipline pour pouvoir concentrer leur énergie
dans un effort d’apprentissage soutenu. Ces derniers mois, même
s’ils ont été porteurs d’espoir au niveau
politique, ont donc été difficiles à gérer
sur le plan scolaire !
Nous avons tout de même pu faire deux sorties : l’une à la
neige et l’autre au Logos, le bateau de OM, qui est resté deux
semaines dans le port de Beyrouth. C’était une bonne introduction à l’histoire
de Noé qui a constitué notre fil conducteur spirituel
de ce trimestre.
Nous commençons déjà à songer à l’organisation
du camp de fin d’année nous avons choisi l’histoire de Daniel
et espérons aborder des thèmes comme les choix, la confiance, la
persévérance…
Comme la dernière fois, nous aimerions vous présenter une classe,
celle de notre troisième année de programme. Elle compte 8 enfants
que vous voyez sur la photo. Notez derrière la « fenêtre »,
la maison du voisin.
Maher : Ses trois frères et sœurs et lui sont scolarisés dans
notre programme. Cela ne représente que le quart de la famille qui compte
17 enfants ! Le père est marié à deux femmes. Autant dire
que ces quatre enfants sont complètement livrés à eux-mêmes
et très perturbés. Maher, qui est notre élève le
plus âgé et le plus grand en taille, est un garçon extrêmement
gentil et serviable mais qui souffre d’une dyslexie grave qui le gêne
terriblement dans ses apprentissages, celui de la lecture en particulier.
Soad : Elle est la cousine de Maher,
elle a 12 ans et reçoit beaucoup
de coups de la part de ses parents qui ne savent pas trop s’y prendre avec
une adolescente qui se pose des questions et qui ne veut pas forcément être
la « bonne » de ses frères. Soad ne peut pas sortir seule
tellement ses parents ont peur qu’elle fasse une bêtise. Elle doit être
accompagnée de ses cousins qui la surveillent constamment.
Hassan : C’est un enfant qui a de grandes capacités mais sa situation
familiale l’empêche de donner le meilleur de lui-même sur le
plan scolaire. Orphelin de père, il est laissé chez un oncle ou
une tante chaque fois que sa mère partage sa vie avec un nouveau compagnon.
Hassan est un enfant sensible et très en colère. Cela nuit à ses
relations avec les autres, et à son travail scolaire.
Quant à Ghazi, c’est un garçon doué de ses mains et
qui se débrouille bien scolairement. Le neuvième d’une famille
de 11 enfants, il use vite de ses poings s’il est provoqué.
Ali est le garçon le plus lourd de la classe. Il a de gros problèmes
de nourriture et d’identité. Son père travaille dans la récupération
et le recyclage : il fouille dans les poubelles du quartier. Alors Ali s’invente
une vie différente et ment beaucoup ce qui lui vaut des problèmes
avec ses camarades et ses professeurs !
Safa H. est une fille vive et pas
toujours facile à vivre en classe (tous
ces enfants ont entre 11 et 13 ans et entrent dans l’adolescence avec beaucoup
de questions, des changements physiques, des situations familiales difficiles).
Elle a de très bons résultats et travaille avec sérieux.
Elle a rejoint notre programme alors qu’elle avait arrêté l’école
depuis deux ans. La situation économique de la famille s’étant
dégradée à ce moment-là, les trois enfants en âge
d’être scolarisés avaient dû quitter leur classe en
milieu d’année. Les deux plus âgés (14 et 15 ans)
travaillent depuis deux ans et Safa a pu rejoindre notre programme, il y a
deux ans et demi.
Safa M. est la plus jeune de la
classe. Elle a 11 ons. Très indépendante,
elle a aussi un caractère très fort et travaille très bien.
Elle a la charge du ménage et de ses jeunes frères et sœurs à la
maison pendant que sa mère va faire des ménages et que son père
travaille.
Yusra comprend vite mais a trop
peu de temps pour travailler à la maison
! Elle aussi est en charge du ménage et de ses quatre frères qu’elle
doit servir. Son père travaille également dans la récupération
et sa mère nettoie les escaliers dans des immeubles. Yusra a les mains
abîmées par les travaux domestiques et son agressivité en
classe traduit surtout son ras le bol d’être traitée comme
une servante.
Depuis janvier, une jeune femme libano-anglaise,
enseignante de formation, vient bénévolement donner un club d’anglais et
de lecture en arabe à de petits groupes d’enfants qui
se succèdent, après leur temps d’école,
pour leur plus grand plaisir !
L’effectif des enfants a baissé depuis le début
de l’année mais ils sont tout de même 57 à suivre
le programme de nos classes. Ils bénéficient d’un
programme adapté à leurs capacités et d’une
formation de base scolaire et sociale. Il est bon de se rappeler que
ces jeunes seraient à la maison ou dans la rue si cette possibilité d’aller à l’école
ne leur était pas offerte. Merci donc à vous tous qui
soutenez notre action pour que cela soit possible. Merci en particulier à la
vingtaine de parrains français, la vingtaine de parrains suisses,
la douzaine de parrains américains, et à tous ceux qui
ont fait des dons ponctuels, très appréciés, d’Angleterre,
de Suède, de Hollande et du Liban ! Ensemble nous oeuvrons à changer
des vies.