La situation au Liban en mars 2005
Depuis le 14 février, date de l'assassinat de l'ancien premier ministre
Rafik Hariri, la situation politique est en effervescence. L'opposition au gouvernement
et à la présence syrienne a manifesté massivement et librement
dans les rues, en particulier le 14 mars où un million de Libanais (25%
de la population totale du pays !) appelaient à un retrait des troupes
d'occupation et à des élections libres. Le gouvernement a démissionné puis
a été reformé, puis a démissionné de nouveau.
Un gouvernement provisoire de "sages" ne se présentant pas aux élections
pourrait être formé dans les jours qui viennent. Les troupes syriennes,
qui se sont déjà retirées partiellement, doivent quitter
totalement le pays au cours du mois d'avril, en tout cas avant les élections
prévues en mai.
Merci de prier avec nous pour que ce processus se fasse dans la paix, et pour
que les différentes tendances politiques soient unies pour un meilleur
avenir commun du pays.
En quoi cela touche-t-il notre travail ?
Le gros des manifestations s'est tenu au centre ville, loin de notre quartier.
En dehors des jours de grève générale, nous avons pu ouvrir
l'école et le dispensaire normalement. Certains ouvriers syriens du quartier
ont fait l'objet d'ostracisme malheureux, beaucoup d'entre eux dont certains
patients du dispensaire sont partis. La population du bidonville ne se sent pas
directement concernée par les appels au changement de l'opposition politique,
qui est plutôt issue d'une classe sociale plus aisée et éduquée.
Ils sont pourtant les premiers à aspirer à un avenir meilleur et à plus
de justice sociale.